“L’abstraction américaine et le dernier Monet”

L'abstraction américaine, Claude Monet et ma vocation d'artiste pour la peinture abstraite

Claude Monet et moi, au musée de l’Orangerie

Mi-juin 2018, je suis allée voir l’exposition au musée de l’Orangerie, “l’abstraction américaine et le dernier Monet”.
Je vous conseille de regarder cette courte vidéo pour saisir l’intention de cette belle exposition :
https://youtu.be/s3ld4aKyBRs

Fan de Joan Mitchell depuis des années, c’est toujours un immense plaisir de m’immerger dans sa peinture en vrai.

Gâtée dès l’entrée de l’exposition par son quadriptyque de grande dimension. Mon regard a navigué un long moment dans cette écriture colorée énergique et vibrante.

Avant, j’étais retournée voir les Nymphéas de Claude Monet quelque peu oubliées, les ayant vues il y a fort longtemps. Je ne me souviens pas de ce que j’avais perçu et ressenti la première fois.

Les Nymphéas de Monet

Malgré le monde, j’ai plongé directement dans ces immensités picturales avec grand bonheur. Quelle vibration ! Une joie presque euphorique m’a traversée lors de cette douce contemplation. Ce qui m’a assez étonnée.

Non que je partage le point de vue radical et jugeant, de Lionello Venturi, critique d’Art, qui en 1927, voyait dans ces 22 panneaux de Nymphéas “la plus grande erreur artistique commise par Monet”. Non moins. Un artiste doit être capable de recevoir autant de compliments que de jugements critiques…

Vous pouvez voir l’ensemble des Nymphéas. Il y a une visite virtuelle qui vous donne une bonne idée des œuvres ici :
http://www.musee-orangerie.fr/fr/article/lensemble-de-lorangerie

Née en Normandie, ayant un père, peintre amateur, passionné par les impressionnistes, une mère qui m’emmenait voir des expositions aussi bien à Rouen, qu’à Paris ou Giverny.

Claude Monet

Très imprégnée par les impressionnistes, en m’engageant à mon tour dans la création artistique picturale, j’ai pris mes distances avec Monet et ses amis, pour grandir et inventer mon propre espace pictural.

Philip Guston, Willem de Kooning et Jackson Pollock

De Kooning, Motherwell, Joan Mitchell, Jackson Pollock et bien d’autres artistes, sont venus nourrir mes besoins de liberté créative et mes élans d’explorations picturales, gestuelles et spirituelles. Pour m’accompagner à sortir de la peinture de chevalet et de peindre ce que je voyais.

Même si j’ai un souvenir ému de ma première peinture à l’huile réalisée dans le jardin de mon père qui avait une maison dans la campagne normande, et que j’ai peinte avec son puits et ses fleurs, à 16 ans, guidée par mon père. Peindre la réalité perçue et commune, des paysages et des êtres, ne m’a jamais intéressée par la suite, alors même que j’ai toujours été amoureuse de la Beauté de la Nature.

Mon amour pour l’abstraction américaine et Joan Mitchell

Grâce à cette exposition, qui montre des ponts artistiques fort intéressants entre Monet et l’abstraction américaine, je me suis réconciliée avec Monet et pu savoir qu’il avait probablement beaucoup marqué mes rétines et ma conscience, plus que je ne l’avais imaginé.

Je me suis même demandée si ma passion immodérée pour les couleurs trouvait son origine par la vision répétée de ses œuvres dans mon enfance. 

Claude Monet, Joan Mitchell et Catherine Maddens

Et dans le mouvement de ces retrouvailles colorées j’ai eu l’envie irrépressible de créer des œuvres inspirées par les derniers Monet et ses Nymphéas, comme un vibrant, modeste et humble hommage à sa créativité, son œuvre et la reconnaissance de son influence, en moi.

En prenant conscience de ces liens picturaux entre Monet et l’abstraction américaine qui m’a tant construite et influencée, j’ai eu beaucoup de plaisir à peindre ces toiles. Je me suis connectée à Monet, avec joie et une certaine jubilation créative. Et je ressens encore plus fortement la « filiation » à Joan Mitchell qui existe depuis des années et que j’ai ressenti avec encore plus de présence en moi depuis cette exposition. J’ai beaucoup aimé réaliser cette Conscience vivante.

Voici mes premières peintures. Pour me simplifier la vie, je les ai nommées « Monet » et numérotées. Il n’y a là ni appropriation insolente ni ingérence, juste une facilité pratique.

Peinture sur plexiglass inspirée du dernier Monet
Catherine Maddens « Monet 2 » Acrylique sur toile
Catherine Maddens « Monet 3 » Acrylique sur toile
Catherine Maddens « Monet 4 » Acrylique sur toile
Catherine Maddens, Triptyque, Acrylique sur toile

Une magnifique exposition qui m’a fait renouer avec mes origines normandes picturales et familiales.

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